Vendredi 28 décembre 2007
Passent les rois, passent les reines,
ni ma dignité
ni mes espoirs reviennent
Sous le pont Mirabeau coule ma peine.
Vienne la nuit, vienne la peur
Les jours s'en vont et je me meurs.
Par un passant
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L'envie s'en va par mes larmes brulantes
L'envie s'en va
Comme la mort est lente
et comme la solitude est violente
Vienne la nuit, vienne la peur
Les jours s'en vont et je me meurs.
Par un passant
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Mercredi 26 décembre 2007
Des mains inconnues recouvertes de crasse
me secouent.
Elles cherchent les traces
de ces trésors que les malheureux amassent.
Vienne la nuit, vienne la peur
Les jours s'en vont et je me meurs.
Par un passant
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Sous le pont Mirabeau on s'endort à peine
le corps gourd
Faut il que la nuit vienne,
le froid vient toujours glacer nos veines.
Vienne la nuit, vienne la peur
Les jours s'en vont et je me meurs.
Par un passant
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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.
Par un passant
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Vendredi 21 décembre 2007
Plutôt laisser alors un jeune californien
plastifier tout mon corps, des pieds jusqu'aux mains.
Revoir dans un miroir, mon image enfantine!
Par un passant
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Plus me plaît ce teint si jeune et si soyeux
que le contact rêche de la peaux de ces vieux
Qui me glissent à l'oreille des phrases sibyllines.
Par un passant
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Mercredi 19 décembre 2007
Quand me reverrai je hélas, sans tous ces outrages,
mes seins remontés, et plus de double menton.
Reverrai-je un jour mon ventre un peu moins rond
Qui redonnera à mon corps la moitié de son age?
Par un passant
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Heureuse qui, comme Gladysse, retendit son visage,
ou comme celle là qui reçu ce vison,
Et puis s'est pavanée, au milieux de garçons,
oubliant qu'elle avait le double de leur age.
Par un passant
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Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !
Par un passant
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